
Que manger en Grèce ? La Grèce ne se résume pas qu’à ses plages et ses ruines antiques : c’est aussi une destination gastronomique exceptionnelle. La cuisine grecque repose sur des bases simples : viande grillée, huile d’olive, légumes frais, herbes et fromages de caractère. Aujourd’hui, je vous invite à explorer 12 plats et boissons incontournables que j’ai goûtés lors de mon dernier voyage en Grèce.
Que manger en Grèce – les plats grecs incontournables
Je vais vous parler de quelques plats typiques que vous pouvez manger en Grèce et que j’ai goûtés lors de mon voyage à Athènes en hiver – si vous n’avez pas encore lu cet article, allez-y jeter un coup d’œil, j’y recommande également quelques restaurants et tavernes que j’ai aimés. Mais ici, je me concentre uniquement sur les plats en eux-mêmes.
Gyros

Le gyros, c’est probablement le premier plat qui vous vient à l’esprit quand on parle de la cuisine grecque, et c’est effectivement un incontournable du fast-food local. Vous en avez sûrement déjà mangé en France ou ailleurs – le principe est familier.
C’est de la viande grillée coupée depuis une broche verticale, exactement comme le kebab turc ou le shawarma libanais. Ce qui change, c’est le type de la viande et aussi les épices utilisées. Le tout est servi dans un pain pita ou une galette avec des tomates, des oignons, du tzatziki (yaourt grec avec concombre, ail et huile d’olive) et des frites à l’intérieur. J’ai même testé une version avec de la moutarde et c’était plutôt une bonne surprise.
Le gyros de porc est généralement plus juteux et savoureux que le poulet, mais les deux options se valent. Testez les deux si vous avez le temps de comparer. Et privilégiez les endroits où la viande est coupée directement devant vous plutôt que préparée à l’avance.
C’est du street food, donc vous pouvez le manger en marchant, mais le jus de viande (assez gras) mélangé au tzatziki a tendance à couler généreusement donc faites attention.
Souvlaki – brochette de viande

Le souvlaki, ce sont des brochettes de viande marinées et grillées – un autre classique de la cuisine grecque qu’on trouve absolument partout. Les versions les plus courantes sont au poulet, bœuf, porc ou agneau, et vous verrez aussi du « souvlaki kebab » sur les menus.
Petite confusion à éviter : le kebab grec n’a rien à voir avec ce qu’on appelle kebab en France. Ici, c’est de la viande hachée mélangée avec des épices, façonnée en forme de saucisse et grillée – un peu comme les koftas qu’on trouve au Moyen-Orient.
Vous trouverez des souvlakis aussi bien dans les restaurants que dans les fast-foods, et la plupart des endroits vous laissent composer un plateau mixte avec plusieurs types de viande si vous voulez tout tester. La majorité sont préparés sur charbon de bois, ce qui donne ce goût fumé caractéristique vraiment agréable.
Si vous voyez qu’ils préparent les brochettes à la commande et les mettent directement sur le grill, c’est excellent signe – vous allez avoir quelque chose de frais. Par contre, si les brochettes sont déjà cuites et qu’ils les réchauffent juste, il vaut mieux éviter. La différence de qualité est flagrante entre une viande fraîchement grillée et une viande réchauffée qui a traîné.
Moussaka

La moussaka, c’est l’autre incontournable de la cuisine grecque. Au premier coup d’œil, on pourrait penser que c’est une version grecque des lasagnes italiennes, mais la composition est complètement différente. Et surtout, évitez de faire cette comparaison devant un Grec.
La moussaka, c’est un assemblage de couches successives : des aubergines frites, de la viande hachée (agneau et/ou bœuf) mijotée avec des tomates, des oignons et des épices, le tout recouvert d’une épaisse couche de béchamel gratinée au four. Le résultat est dense, riche et copieux.
Ne commandez ce plat que si vous avez vraiment faim. C’est le genre de repas qui vous cale pour plusieurs heures. Et attention quand ça arrive tout chaud du four – la béchamel garde la chaleur longtemps et vous pouvez facilement vous brûler la bouche si vous attaquez trop vite.
La moussaka n’est jamais préparée à la commande. C’est un plat qui se fait en grande quantité, généralement le matin ou la veille. Et comme pour les lasagnes justement, beaucoup s’accordent à dire qu’une moussaka préparée la veille et réchauffée a souvent un meilleur goût – les saveurs ont eu le temps de bien se mélanger.
Kontosouvli

Le kontosouvli, c’est un plat grec beaucoup moins connu et que je n’ai découvert qu’à ma troisième visite en Grèce. Visuellement, ça ressemble à de la viande de gyros servie en assiette, mais la préparation est complètement différente.
La viande est enfilée sur une grande brochette et grillée lentement pendant plusieurs heures, emballée dans du papier aluminium. Cette technique de cuisson fait que la viande cuit dans ses propres jus et devient incroyablement tendre, presque confite. Vers la fin de la cuisson, on retire l’aluminium pour que l’extérieur devienne croustillant. En gros, c’est une sorte de souvlaki géant qui a braisé tranquillement au lieu d’être grillé directement sur le feu.
Mais ce n’est pas un plat de fast-food. Vous le verrez plutôt dans les tavernes et restaurants traditionnels. Si vous le repérez sur un menu, je vous conseille vraiment de le tester – ça sera peut-être l’un des meilleures plats que vous ayez mangés en Grèce. Personnellement, j’ai suivi la recommandation du serveur (sans connaître le plat avant) et c’était un excellent choix.
On m’a proposé des versions poulet et porc, avec la possibilité de combiner les deux. J’ai pris le mixte et c’était parfait : le porc avait beaucoup de goût mais était logiquement assez gras, tandis que le poulet était un peu plus sec mais apportait de l’équilibre. Les deux ensemble, ça fonctionne très bien.
Agneau au four

L’agneau est une viande omniprésente dans la cuisine grecque, et son goût et odeur prononcés divisent clairement : soit vous adorez, soit vous fuyez. Personnellement, je suis un grand fan.
Dans les tavernes traditionnelles – celles où vous mangez comme dans une famille grecque – vous trouverez l’agneau au four (arni sto fourno), une préparation classique qui mérite vraiment d’être testée. La viande cuit lentement pendant plusieurs heures avec des pommes de terre, des herbes (souvent de l’origan et du romarin) et une quantité impressionnante d’huile d’olive. Le résultat ressemble presque à une soupe quand ça arrive dans l’assiette – c’est très liquide avec tout le jus de cuisson et de l’huile d’olive – mais c’est exactement comme ça doit être.
La viande est incroyablement tendre, elle se défait toute seule, et les pommes de terre ont absorbé tout le jus de cuisson donc elles sont pleines de saveur. C’est un plat généreux et réconfortant.
Attention tout de même, l’agneau est servi généralement avec les os. Si manger de la viande autour d’un os vous dérange ou vous complique la vie, ce n’est probablement pas le plat pour vous. Cela dit, la viande se détache très facilement – pas besoin de batailler avec votre fourchette.
Fromage au four

Si vous aimez le fromage et cherchez une bonne entrée à manger en Grèce, testez le fromage cuit au four dans un petit ramequin en terre cuite. Ça arrive fumant de la cuisine, un peu comme un camembert au four ou un vacherin, avec le fromage qui bulle encore.
Il existe plusieurs versions selon le type de fromage utilisé (graviera, kefalotyri, feta, etc.), et certains ont un goût beaucoup plus prononcé que d’autres. Si vous n’êtes pas fan des fromages forts, demandez au serveur quelle version ils proposent – ça vous évitera les mauvaises surprises. Le mien était assez fort et saupoudré de paprika, ce qui ajoutait une petite touche épicée intéressante.
Conseil pratique : ça se mange avec du pain pour tremper, et c’est parfait à partager à deux ou trois personnes en début de repas. Le fromage refroidit assez vite, donc attaquez pendant que c’est chaud – c’est là qu’il est le meilleur.
Saganaki – fromage frit

Une autre entrée très populaire à base de fromage que vous pouvez manger en Grèce, c’est le saganaki – du fromage frit qui arrive croustillant et doré à votre table.
Comment c’est préparé : on prend un fromage à pâte dure qui ne fond pas complètement à la cuisson. On coupe une tranche épaisse d’environ 1-2 cm, on la passe dans de l’œuf battu puis dans la farine, et on la fait frire dans l’huile d’olive bien chaude jusqu’à obtenir une croûte dorée et croustillante à l’extérieur. L’intérieur reste chaud et légèrement fondant, mais le fromage garde sa structure.
Le saganaki arrive généralement avec un morceau de citron qu’il faut presser dessus. L’acidité du citron coupe le gras du fromage frit et équilibre vraiment bien le plat.
Le terme « saganaki » vient du petit poêlon en métal dans lequel on prépare traditionnellement ce plat. Vous verrez parfois des restaurants faire flamber le fromage à l’ouzo ou au cognac devant vous, c’est surtout pour le spectacle touristique, mais ça reste sympa à voir. La version classique non flambée est généralement meilleure.
Petits déjeuners grecs traditionnels
Passons maintenant aux petits déjeuners et desserts grecs que vous pouvez manger lors de votre séjour en Grèce.
Bougatsa – feuilletée traditionnelle grecque

La bougatsa, c’est le petit-déj grec par excellence, même si c’est moins connu internationalement que par exemple le gyros. On parle d’une pâtisserie feuilletée garnie de crème pâtissière, saupoudrée de sucre glace et de cannelle, bien croustillante à l’extérieur. Si vous avez déjà mangé des pasteís de nata au Portugal et que vous les aimez (franchement, je ne connais personne qui ne les aime pas), vous allez sûrement aimer la bougatsa aussi.
Vous la trouverez dans les boulangeries et les boutiques spécialisées en bougatsa. À commander avec votre café grec du matin, ou à emporter si vous partez marcher direct. Par contre, mangez-la vite suivant l’achat – le feuilleté perd son croustillant rapidement.
Tiropita – tarte au fromage

La tiropita, on peut dire que c’est un peu la version salée de la bougatsa – même concept de feuilleté croustillant, mais garni de fromage mélangé avec des œufs et du yaourt. Version parfaite si vous n’êtes pas du genre sucré au petit-déj, ou si vous cherchez un encas entre deux visites.
Le fromage varie selon les endroits. La version classique utilise de la feta, mais cherchez absolument celles au graviera – un fromage grec à pâte dure qui a même été élu meilleur fromage du monde par le site TasteAtlas. Le graviera a un goût plus doux et légèrement sucré que la feta, avec une texture qui fond mieux dans la pâte. C’est produit principalement en Crète et sur l’île de Naxos.
Vous trouverez la tiropita dans pratiquement toutes les boulangeries et les kiosques de rue. Comme pour la bougatsa, mangez la tant qu’elle est chaude – le feuilleté perd son intérêt une fois refroidi. Elle existe en version géante rectangulaire qu’ils coupent en portions (comme sur la photo) mais aussi de petits triangles individuels.
Tiropita ça veut dire littéralement « tarte au fromage » et il y a aussi d’autres variantes, par exemple « spanakotiropita », c’est la version avec épinards et fromage.
Yaourt grec – avec du miel et des noix

Le yaourt grec, vous connaissez sûrement – sauf que ce qu’on vend en France sous ce nom n’a souvent rien à voir avec l’original. Les versions françaises contiennent généralement de la crème et des épaississants pour imiter la texture. Le vrai yaourt grec est fabriqué uniquement en faisant égoutter du yaourt pour en extraire le petit-lait, sans aucun additif. Résultat : une texture ultra-épaisse, presque comme du fromage frais, qui ne coule pas quand vous retournez le pot, et un goût acidulé prononcé.
Vous en trouverez partout : supermarchés, restaurants, tavernes comme dessert, et même en vente de rue à Athènes. Les Grecs l’utilisent dans plein de préparations – le tzatziki en contient, certains gâteaux aussi – mais la version petit-déjeuner classique, c’est avec du miel et des noix. Si vous voulez varier, testez les versions au lait de brebis ou de chèvre, qui ont un goût nettement différent qu’au lait de vache.
Pour le miel, visez évidemment du miel grec. Le classique, c’est le miel de thym, qui a un goût assez puissant. Vous le reconnaîtrez à sa couleur ambrée foncée et à son parfum intense. Le yaourt grec est assez gras et calorique donc commandez-en uniquement si vous avez vraiment faim.
Attention cependant si vous tombez trop amoureux du produit : le yaourt est considéré comme liquide en cabine à l’aéroport. Impossible de le ramener dans votre bagage à main à moins qu’il fasse moins de 100ml. En soute par contre, aucun problème – emballez-le bien dans un sac plastique étanche au cas où le pot se fissure avec les chocs.
Boissons grecques à goûter
Retsina – vin à la résine

La Grèce produit des vins variés et les amateurs auront de quoi explorer, mais il y a un vin particulièrement typique qu’il faut absolument tester : la retsina. En France, vous en trouvez parfois dans les restos grecs ou certains supermarchés, mais en Grèce, c’est partout.
La retsina, c’est un vin blanc aromatisé à la résine de pin d’Alep. Son goût est assez particulier. Imaginez un vin blanc sec avec des notes de forêt. Ça peut surprendre au premier verre – certains adorent immédiatement, d’autres trouvent ça imbuvable.
Historiquement, la résine servait à sceller l’intérieur des amphores pour mieux conserver le vin pendant le transport. Les Grecs se sont tellement habitués à ce goût que même quand les méthodes de conservation ont évolué, ils ont continué à fabriquer du vin avec de la résine ajoutée volontairement.
Aujourd’hui, la retsina est protégée par une appellation d’origine et doit être produite en Grèce avec certains cépages spécifiques (majoritairement du savatiano d’Attique). Vous en trouverez pratiquement dans tous les supermarchés, parfois même pour moins de 1,50€ pour une bouteille de demi-litre.
Salep – boisson de l’orchidée

Le salep, c’est une boisson chaude et crémeuse que vous verrez les vendeurs ambulants servir dans les rues grecques, surtout entre novembre et mars – vous allez sûrement le trouver si vous décidez de visiter Athènes en hiver. Sur la photo, vous pouvez voir un vendeur installé sur la place Monastiraki à Athènes.
Cette boisson vient à la base de Turquie mais elle s’est exportée en Grèce et dans d’autres pays des Balkans où elle est devenue assez populaire. Le principe : de la poudre de salep extraite de la racine d’orchidées sauvages, mélangée avec du lait chaud et du sucre. Souvent, on y ajoute aussi de l’amidon pour obtenir une texture encore plus épaisse et crémeuse.
Attention par contre, tous les saleps ne se valent pas. Vous tomberez parfois sur des versions fake qui ne contiennent pas le vrai salep mais uniquement des amidons et des épaississants – un peu comme du chocolat chaud en poudre bas de gamme. La vraie poudre de salep coûte cher parce que les orchidées sont protégées, donc les vendeurs coupent souvent avec des substituts moins chers.
La boisson est servie saupoudrée de cannelle, et parfois d’autres épices selon les vendeurs. Le truc important : ça se boit chaud, vraiment chaud. Quand ça refroidit, ça devient beaucoup trop épais et la texture devient plutôt désagréable – ça peut même devenir tellement pâteux que ce n’est plus vraiment liquide. Mais attention quand même parce que les vendeurs dans la rue le servent généralement encore bouillant.